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L’endo-plicature gastrique, une petite révolution?

Il est trop tôt pour prédire le futur de certaines techniques innovantes dans le traitement de l’obésité. Certains choix se sont ainsi révélés peu fructueux, malgré les aspects très prometteurs: la solidité financière des sociétés qui fabriquaient ces dispositifs n’était pas toujours au rendez-vous, les résultats pas toujours à la hauteur des promesses, les complications ou simplement les difficultés d’utilisation et d’apprentissage prohibitifs, etc.
Penchons-nous sur un traitement assez récent, qui va probablement connaître des développements très intéressants, la plicature « interne » de la cavité gastrique.
Aujourd’hui, elle a le vent en poupe après plusieurs années d’expérimentation (10 ans pratiquement), même si elle n’est pas encore en passe de supplanter la chirurgie.
On pourrait penser que ce traitement est le pendant endoscopique (par les voies naturelles) de la plicature réalisée par la chirurgie proprement dite, mais tout-de-même laparoscopique (petites incisions, insufflation de gaz et travail sur écran vidéo). Peut-on établir une comparaison valide avec ce type de plicature, réellement chirurgicale pour le coup ? Semblant marquer le pas à cause de résultats insuffisants (notamment par rapport à l’intervention de sleeve gastrectomie classique), la plicature chirurgicale n’est plus guère pratiquée; mais il se peut que les mécanismes en jeu soient différents lorsque la plicature est réalisée par la voie purement endoscopique, donc par les « voies naturelles ».
Quoiqu’il en soit, la principale comparaison pertinente à établir est celle des techniques endoscopiques courantes, la mieux connue et la plus fiable aujourd’hui étant le ballon gastrique, implanté habituellement pour 6 mois. Il semble à cet égard que les résultats soient une peu meilleurs en terme de perte de poids (plutôt 20% que 15% de perte de poids total), et surtout plus durables, au delà de 1 an, et sans doute 18 mois. Il est encore tôt pour se prononcer, car il n’existe qu’un nombre insuffisant de centres expérimentés (Espagne, USA) et relativement peu de patients inclus encore.
Un argument mis en avant par les promoteurs de cette méthode est celui de son caractère « répétable sur demande »: là encore il est prématuré d’en faire une stratégie de routine. En revanche il est très appréciable de constater la rareté des complications sérieuses rapportées jusqu’à présent, alors que l’on pourrait anticiper des problèmes tels que ulcérations, saignements, perforation, etc. Enfin, l’apprentissage de la technique nécessite au mieux une coopération endoscopiste-chirurgien bariatrique, et une certaine « learning curve » (courbe d’apprentissage).
En conclusion provisoire, on peut d’ores-et-déjà affirmer que cette technique marquera une étape importante dans la recherche de solutions élégantes parce que simples, peu risquées et avec une certaine efficacité au moins à moyen terme dans le traitement de l’obésité. Reste aussi à progresser dans le domaine des coûts, car ce matériel revient à environ 4000 euros par patient…
Référence: Lopez-Nava G, Galvao MP, Bautista-Catano I, et al. Endoscopic sleeve gastroplasty: how I do it? Obes Surg. 2015(8); 25: 1534-8.
Pas de documentation pour le public intéressante disponible en français actuellement; se référer au site de la société APOLLO (USA): www.apolloendosurgery.com